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« Allier la théorie et la pratique constitue le fondement du Master Droit du numérique de la Rochelle »

 

 

Délégué général de ChamberSign, Autorité de Certification depuis 2000, Stéphane Gasch assure depuis quelques années des cours au sein du Master Droit numérique - Parcours Tiers de Confiance à l’Université de La Rochelle. Il explique pourquoi cette formation, si spécifique, lui tient à cœur.

 

 

Quand et comment avez-vous commencé à donner des cours au sein du Master ?

J’ai commencé en 2018. Le président de la FNTC Alain Bobant m’avait sollicité pour assurer le remplacement d’un professeur …Depuis lors je continue d’enseigner, et j’ai deux bonnes raisons : j’aime particulièrement La Rochelle, et j’ai toujours aimé enseigner. J’avais déjà animé plusieurs cours, notamment en formation professionnelle et en formation continue au sein du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM).

Sur quel sujet intervenez-vous dans le Master ?

J’assure plusieurs cours. En Master 1, une formation sur le règlement européen eIDAS et sur la signature électronique, plus particulièrement l’aspect juridique contextuel.la partie technique et sa mise en œuvre est assurée par Franck Leroy.  J’interviens également en Master 2 sur la facture électronique axée sur le contexte juridique et les éléments pratiques de mise en œuvre.


Qu’attendez-vous des étudiants de ce Master ?

Qu’ils soient curieux avant tout et actifs. Contrairement, peut-être, à d’autres enseignants, j’attends autre chose que des étudiants passifs qui se contentent de prendre des notes. J’apprécie que l’on me pose des questions, même si elles proviennent du net en temps réel dans la salle, cela montre que l’étudiant ou l’étudiante s’est renseigné(é), qu’il ou elle s’intéresse vraiment au sujet.

Je suis toujours soucieux quand les étudiants ne posent pas de questions. Je n’ai pas la prétention d’être exhaustif, il me faut donc des questions, ça fait naître la conversation, l’échange. Les seules mauvaises questions sont celles qu’on ne pose pas…

Mon objectif est de les amener à la réalité de la vie professionnelle, j’essaie donc de truffer l’enseignement de problèmes rencontrés et d’anecdotes qui me sont réellement arrivées. Je ne fais pas de cours magistral. Le but n’est pas de lire un pdf, mais d’échanger, et de réfléchir.

Que souhaitez-vous leur enseigner ?

La principale complexité dans ce Master, c’est l’instabilité. Les réglementations peuvent s’inscrire dans la durée, mais le secteur est en perpétuelle évolution, nous sommes continuellement sollicités par des nouvelles technologies, des start-ups, des nouvelles solutions… Il ne faut donc pas être dogmatique sur les solutions, mais il ne faut pas être naïf non plus.

C’est ce que nous essayons d’apporter aux étudiants : la formation amène évidemment un socle de connaissances, mais il y a également une culture d’ouverture, de raisonnement à acquérir. Face à un projet, un contrat, une solution, il faut être ouvert, critique et lucide : l’étudiant ou l’étudiante devra être clairvoyant en mobilisant ses connaissances pour appréhender cette situation nouvelle…

Quels sont les retours des anciens étudiants du Master ?

Je revois parfois d’anciens étudiants, et les retours sont positifs. Mais il y a peu de retours, il n’y a pas d’évaluation des intervenants professionnels, et ça manque un peu. Mais la qualité de la formation se démontre par le taux d’embauche : les étudiants n’ont pas de problèmes pour trouver des stages puis des emplois, c’est une preuve que le diplôme est connu et reconnu dans le monde professionnel.  Au sein de ChamberSign, deux étudiantes ont d’ailleurs été embauchées.

Qu’est-ce qui vous a amené à recruter des étudiants du Master ?

Le gain de temps principalement : en embauchant des étudiants du Master, je savais que je n’aurais pas besoin de leur expliquer les spécificités du numérique pendant six mois. Le Master n’est pas un diplôme de spécialiste, et les juristes qui en sortent connaissent l’éventail des solutions possibles. En les recrutant, je sais que je pourrais rapidement les former à mon secteur professionnel spécifique.

Le stage de six mois est une étape importante aussi, professionnellement, ça met tout de suite les étudiants dans le bain, c’est un vrai prolongement des cours à la fac. Les deux fois où nous avons pris des stagiaires, le stage s’est transformé en période d’essai puis en contrat … J’ai surement eu de la chance, mais c’est surtout grâce à la qualité de l’enseignement.

Quelle est  la spécificité de ce Master selon vous ?

Il est difficile de répondre puisque je n’enseigne pas dans d’autres formations. Cela étant, à mon sens, le point essentiel du Master c’est que les étudiants se retrouvent face à des professionnels et à des professeurs. Les universitaires enseignent les connaissances, le socle théorique pour cadrer toutes les connaissances du droit. Et les professionnels, qui sont comme moi dans le monde des affaires, amènent la mise en œuvre de ces théories en pratique opérationnelle. Il y a donc une complémentarité fructueuse dans l’enseignement entre la théorie et la pratique, c’est une mixité fondamentale qui constitue le fondement du Master.


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