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Etienne Plouvier (Worldline): L’hétérogénéité des acteurs de la FnTC est unique, et très enrichissante.

 

Worldline est le leader européen des paiements et transactions numériques, et l’un des premiers adhérents de la Fédération des Tiers de Confiance du numérique (FnTC). Etienne Plouvier, Business Development Manager pour l’identité numérique et les services de confiance chez Worldline nous raconte pourquoi sa société a très vite rejoint la FnTC, et ce qui la distingue des autres associations.

 

Pourquoi Worldine a-t-elle adhéré à la FnTC ?

Nous avons adhéré très tôt, en 2001, après la création de la fédération. L’objectif était de bien connaître l’écosystème, les différents acteurs du secteur, et pouvoir faire la promotion des services de confiance, qui sont des services assez complexes, avec des régulations technique et juridique importantes. La FntC accueille dans différents collèges des éditeurs, mais aussi des cabinets juridiques, des institutions, des utilisateurs, et l’un des buts est de vulgariser, de rendre ces services compréhensibles pour le marché.

J’ai pris la responsabilité chez Worldline des activités liées aux services de confiance quelques années après cette adhésion. J’ai continué à la renouveler parce que la FnTC est la seule association réunissant une pluralité de collèges dont les tiers de confiance, un rôle tenu par Worldline sur les certificats, la signature, l’horodatage et l’archivage électroniques. Cette pluralité est un gage majeur pour couvrir la diversité des services de confiance ainsi que leur vulgarisation et promotion vers le marché.

Aujourd’hui Worldline, fort de son positionnement auprès des commerçants et des banques comme point d’entrée unique vers l’écosystème des paiements et de son expertise en termes d’innovation, a défini sa stratégie pour devenir une Paytech internationale de premier plan.

Cela nécessite l’application de nombreuses lois et règlements, dans le domaine du paiement comme la deuxième Directive sur les Services de Paiement (DSP2) avec l’authentification forte  ou le règlement eIDAS sur l’identité numérique et les services de confiance.. Les différents groupes de travail de la FnTC nous ont permis d’affuter notre expertise sur la mise en œuvre de ces services de confiance, et de proposer à nos clients des services transactionnels innovants. 

 

 

La FnTC a d’autres actions que je trouve fondamentales, comme la publication de livres blanc, qui permettent de faire comprendre certaines thématiques au marché, la présence dans différents événements qui permet d’assurer une visibilité à ces services de confiance, ou l’ouverture d’un collège d’utilisateurs, qui peut encore se développer ; pour un développeur de solutions comme Worldline, il est en effet essentiel d’être à l’écoute de ses clients pour leur proposer de nouveaux services innovants permis par la technologie en conformité avec la régulation. 

Le rôle de Tiers de confiance est-il important pour Worldline ?

C’est un enjeu stratégique pour nous, oui. Nous sommes ce qu’on appelle en anglais un « Qualified Trust Service Provider/QTSP, nous produisons des certificats électroniques, des services de signature électronique, d’horodatage. Nous sommes également fortement présents dans l’archivage qui a été inscrit comme nouveau service de confiance dans la proposition de nouveau règlement eIDAS. Ces services de confiance nous permettent d’aller au-delà du paiement pour accompagner nos clients dans leur transformation numérique qui a connu une forte croissance avec la pandémie et les confinements liés à la COVID.

Quelle est selon vous la spécificité de la FnTC ?  

Worldline fait partie de plusieurs associations chacune avec ses spécificités. Nous sommes membre du ClubPSCo (Club des Prestataires de Services de Confiance), qui s’adresse spécifiquement aux tiers de confiance certifiés, ce qui correspond à un des collèges de la FnTC. Le discours est plus axé sur la mise en œuvre et la certification des services de confiance avec des échanges réguliers entre les opérateurs de ces services et les autorités de tutelle du secteur, françaises ou internationales.

Nous faisons également partie de l’Alliance pour la Confiance numérique (ACN), qui représente l’industrie française de la confiance du numérique auprès des pouvoirs publics. Nous sommes particulièrement actif dans le Groupe de Travail Identité Numérique qui échange avec le Comité Stratégique de Filière pour la mise en place du portefeuille numérique d’identité proposé par le nouveau règlement eIDAS.  

Par rapport à ces organisations, il faut souligner que la FnTC est notre adhésion la plus ancienne, la première. La FnTC est souvent vu comme un club d’experts qui a joué un rôle essentiel dans la mise en œuvre de la dématérialisation, de la signature électronique à l’archivage numérique, via la publication des guides, la participation à la rédaction de normes, la vulgarisation…

L’hétérogénéité des acteurs de la FnTC : des éditeurs, des juristes, des institutions, des start-up, des utilisateurs, est également unique, et très enrichissante.

A quels groupes de travail avez-vous participé ?

Nous avons participé à plusieurs groupes, le GT Archivage, le GT eFinance, le GT RGPD, celui sur la facture électronique… Et plus récemment sur la blockchain, que nous voulons suivre. Ces groupes nous ont permis de confronter nos points de vue avec d’autres acteurs du marché ; ces échanges, souvent autour des guides, ont augmenté les compétences de Worldline et de ses employés, notamment au niveau technique et juridique. Mais il y a également la veille et l’aspect relationnel : participer aux travaux de la FnTC permet également d’être bien au fait des dernières avancées, et de connaître l’écosystème et ses acteurs. C’est aussi un acte de reconnaissance et de valorisation des compétences de nos employés qui peuvent être ainsi reconnu en tant qu’expert dans leur domaine et échanger avec leurs pairs.

Quels sujets aimeriez-vous voir traiter au sein de la FnTC ?

La FnTC a toute la légitimité pour creuser la thématique de l’identité numérique, notamment avec la nouvelle proposition du règlement eIDAS qui devrait être approuvée par tous les états membres d’ici septembre 2022. En effet, plusieurs initiatives ont été lancées en Europe, mais force est de constater qu’en septembre 2021, seulement 14 pays avaient notifiés un schéma d’identité numérique, et en grande majorité uniquement à travers une carte à puce électronique. Seulement 7 de mémoire avaient notifié une application mobile indispensable pour développer les services numériques à distance. Ce nouveau règlement propose la création d’un portefeuille d’identité numérique dans les 12 mois après son entrée en vigueur.

Le Digital Identity Wallet ( ou « portefeuille d’identité numérique »)  va permettre l’identification, l’authentification et la signature : il y a donc des liens évidents et naturels avec les sujets de la FnTC .

De plus, de nouveaux services comme l’échange d’attributs comme un justificatif d’adresse ou un IBAN qui vont au-delà des données d’identité de base (Nom, prénom, date et lieu de naissance) feront l’objet de services de confiance qualifiés (Qualified Attestation of Attributes).

Un autre comme les journaux électroniques (Electronic Ledgers) voit également le jour.

La technologie blockchain sera sans doute une des technologies possibles pour répondre en partie à ces besoins. Les échanges initiés entre la FFPB (Fédération Française des Professionnels de la Blockchain) et la FnTC est une action positive dans ce sens.

La FnTC devra communiquer sur le sujet, informer le public, vulgariser les procédures, les outils. Le grand public n’a pas encore pleinement connaissance de ces sujets, mais l’identité numérique constitue un vrai tournant : avec le « Digital Identity Wallet », la dématérialisation deviendra réelle et utilisable par le plus grand nombre.


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